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... face à cette fontaine de
pierres incandescentes qui déchire les ténèbres,
tout le groupe comprend qu'il vit là des instants
inoubliables..
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Les roches volcaniques
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Empilements de coulées
de lave en Islande (Dettifoss)
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Quelques notions sur les roches
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De l'oxygène, du silicium, de
l'aluminium, etc
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Huit éléments
constituent à 99% la croûte terrestre
et le manteau. Ils composent la majeure partie des roches
sous forme de silicates. Les arrangements chimiques de ces
huit éléments, appelés aussi éléments
majeurs, dont va dépendre leur mode de cristallisation,
vont établir une palette de roches infinie. Mais ces
assemblages seront différents selon la nature de la
croûte où on se trouve et le manteau sous jacent.
Typiquement, la croûte continentale
est riche en Si, Al, K et Na
et pauvre en Fe et Mg, par rapport à la
croûte océanique qui est principalement
enrichie en Si, Mg, Fe et Ca. Le
manteau, quant à lui se caractèrise
par une grande
proportion de Si, Mg et
Fe.
Abondance des éléments
de la croûte terrestre
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Les 3 grandes familles de roches
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Une roche est une agglomération
de minéraux formés par cristallisation
lors de leur solidification après fusion, métamorphisme
ou diagenèse. La Pétrographie (Science
des roches) classe les roches en 3 familles dépendantes
de leur processus de formation : la pétrogenèse.
On distingue :
-
les roches ignées ou magmatiques
issues du manteau. On y trouve bien sûr toutes les roches
volcaniques de surface appelées roches éruptives, mais
aussi les roches intrusives
nées des remontées magmatiques et refroidies en
profondeur au sein de la croûte sans apparition à
la surface, (plutonisme). Le granite fait partie de cette dernière
famille.
-
les roches sédimentaires : elles résultent
de la dégradation, du transport et du dépôt
de matériaux de surface de la lithosphère. Ce
sont les roches détritiques parmi
lesquelles se classent les grès, les argiles, etc. Une
partie des roches sédimentaires provient aussi de processus
biologiques ou organiques (organismes
vivants). Dans cette dernière famille, on y rencontre
les calcaires, la houille, les pétroles... Une transformation
physico-chimique (diagenèse
et lithification) aboutira à une agglomération
plus ou moins poussée des composants.
-
les roches métamorphiques :
ce sont toutes les roches (éruptives, sédimentaires
ou même déjà métamorphiques) qui
ont subi des modifications physico-chimiques
et donc de structure et de texture par augmentation
de pression et de température
liées aux mouvements tectoniques (enfouissements, chevauchement,
replis, exhumation) de la croûte terrestre ou aux contacts
avec des roches ignées. Les schistes, les gneiss, les
marbres sont des roches métamorphiques.

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La silice : l'élément principal
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A partir des éléments de base vus
précédemment les roches sont constituées
des associations chimiques
suivantes : SiO2, AL2O3, FeiOi, MgO, CaO, Na2O, MnO, K2O, Na2O etc. Dans le magmatisme ces oxydes s'associent
entre eux lors du refroidissement de la solution pour former
en cristallisant, les minéraux
des roches. Les proportions moyennes (en %) des oxydes de toutes
les roches connues sont données par le tableau ci-dessous:
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SiO2
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AL2O3
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FeiOi
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MgO
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CaO
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Na2O
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MnO
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K2O
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55,2
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15,3
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8,6
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5,2
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8,8
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2,9
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0,2
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1,9
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Un élément siliceux en phase
sédimentaire (détritique): le sable, ici un sable
volcanique (Ile de Stromboli)
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SiO2, la silice,
le plus abondant, est l'élément de base autour
duquel se développent les minéraux
silicatés (sorte de polymères où les éléments
autres que le silicium partagent des atomes d'oxygène
avec ce dernier, construisant des réseaux géométriques
ou cristallins). Les silicates représentent
90% des minéraux, le reste étant les oxydes
métalliques, les sulfates,
les chlorures, les carbonates,
etc...
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Illustration des 3 grandes familles de roches
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Du magma à la lave - Les différentes
roches volcaniques
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La solidification du magma : la cristallisation
des minéraux
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On a vu dans la page consacrée à
la formation des volcans, les processus de genèse des
magmas. Lors de leur remontée,
l'abaissement des températures et des pressions, la libération
des gaz, donnent naissance à la lave. Au cours de ces
transferts, les minéraux se forment,
cristallisent et s'agglomèrent. La roche,
ainsi formée va présenter des caractéristiques
physico-chimiques précises, en termes de densité,
d'aspect plus ou moins grenu, de couleur plus ou moins claire,
dépendant de la palette de minéraux. C'est autour
de la variation des minéraux et de leur composition chimique
suivante que se décrit une roche volcanique :
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- La composition minéralogique
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L'olivine, les pyroxènes,
les amphiboles, les micas (biotite), les feldspaths (alcalins
et plagioclases), le quartz, les feldspathoïdes,
les oxydes métalliques, etc.
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- La composition chimique :
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SiO2, AL2O3, Fe2O3, FeO, MgO, CaO, Na2O, K2O, TiO2 , MnO, P2O5, H2O
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L'ordre
d'apparition des minéraux : les éléments
en solution dans la phase liquide vont réagir
entr'eux lors du refroidissement. Il s'agit de réactions
chimiques qui construisent les minéraux sous
forme cristalline. Au fur et à mesure de la baisse de
température apparaissent en premier les cristaux réfractaires
(telle que l'olivine composée de magnésium et
de fer), puis ceux de moins en moins réfractaires comme
la muscovite dont le potassium apporte des liaisons faibles.
Norman Levi Bowen, le premier
scientifique à avoir posé les bases de la Pétrologie
expérimentale au XXe siècle, a déterminé
la suite des réactions de solidification des magmas et
l'apparition des minéraux en fonction de la température.
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Dans la série de
Bowen on s'aperçoit que cristallisent
(se solidifient) en premier l'olivine, puis
les pyroxènes, l'amphibole etc. En
parallèle débute la série
continue des plagioclases,
d'abord calciques puis calco-sodiques et sodiques Les
feldspaths sodi-potassiques apparaissent en dernier.
Vers 800°C tout est cristallisé.
S'il reste de la silice le quartz apparaitra. S'il est
déficitaire alors les feldspathoïdes remplaceront
les feldspaths.
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Structure
moléculaire de l'olivine : ici la
forstérite
à pôle magnésien. Les positions
du magnésium peuvent être partagées
par le fer. On peut aussi trouver la même structure
avec le fer. Dans ce cas le minéral devient de
la fayalite (pôle
ferreux).
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Dans le chapitre consacré à
la formation de la Chaîne des Puys,
nous montrerons à quel point la série de Bowen joue un rôle
essentiel pour comprendre les mécanismes
généraux de différenciation magmatique
mis en uvre sur le volcanisme planétaire et,
en particulier, ceux à l’origine de l’évolution
remarquable des laves de la chaîne, véritable
référence en volcanologie, depuis les basaltes sources jusqu’aux
trachytes. Les dynamismes éruptifs, les morphologies
des volcans, donc les paysages,
en sont la conséquence.
La classification des roches volcaniques :
La classification
minéralogique ou modale qui s'appuie après
l'avoir mesuré (mesures physiques) sur la quantité
de minéraux principaux (Diagramme
QAFP ou de Streckeisen,
Quartz, feldspaths Alcalins,
Plagioclases, Feldspathoïdes).
Exemple : une roche qui comporte 50% de quartz et 35% de feldspaths
alcalins est une rhyolite. Une roche qui comporte 0% de quartz
et de feldspathoïdes, et 80% de feldspaths alcalins est
un basalte ou une andésite. Pour les distinguer il faudra
utiliser l'index de couleur et le pourcentage en masse de silice.
On voit que pour les roches éruptives basiques (ou mafiques),
il faut compléter le Streickesen par d'autres critères.
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Classification modale QAPF
pour les roches volcaniques
(d’après Streckeisen, 1978). Les sommets du double triangle
sont : Q = quartz, A = feldspaths alcalins, P = plagioclases
et F = feldspathoïdes.
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Classification modale QAPF
des roches plutoniques (d’après
Streckeisen, 1976). Les sommets du double triangle sont
Q = quartz, A = feldspaths alcalins, P = plagioclases
et F = feldspathoïdes.
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La classification
chimique : elle s'appuie
sur la quantité d'éléments chimiques contenue
dans tous les minéraux de la roche, généralement
sous forme d'oxydes. On peut alors dresser des diagrammes représentatifs
d'un élément chimique ou plusieurs, par rapport
à un autre pour réaliser
des classements ou observer
l'évolution d'un processus. Par exemple K2O
versus SiO2 pour les laves calco-alcalines, MgO
vs SiO2 et CaO vs SiO2
pour étudier une différenciation. Le plus général
est le diagramme TAS (Total Alcaly
Silice soit Na2O+K2O vs
SiO2). Les roches y sont caractérisées
par des zones précises. (Exemple : une roche qui comporte
6% d'alcalins et 49% de silice est un trachy-basalte. Plus précisément,
s'il comporte 5% de Na2O ce sera une hawaiite).
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Classification géochimique
des roches volcaniques
TAS (d’après Le Bas et al., 1986).
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On peut faire apparaître
dans le diagramme les séries
évolutives remarquables des laves au
cours de leur séjour dans les chambres magmatiques.
Pour simplifier, cette évolution est liée
à la nature du magma initial
qui dépend du contexte géodynamique, du
temps et des conditions
de "stockage" dans les chambres
ou réservoirs magmatiques.
Dans le diagramme, on a mis pour
exemple les séries alcalines
et moyennement alcalines du volcanisme intraplaque
ou de point chaud, la série
calco-alcaline typique des zones de subduction
et la série tholéiitique
des dorsales d'accrétion.
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Classification par proportion
de minéraux : quand on connait la quantité
de minéraux qui composent la roche par analyse modale
ou chimique avec usage de la norme CIPW.
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Exemple d'une classification
minérale d'une série calco-alcaline typique
d'un volcanisme de subduction.
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Autre classification simplifiée
des roches volcaniques :
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Dans cette page, nous avons parlé des éléments
chimiques majeurs qui composent
et caractérisent les roches principalement volcaniques.
Cependant, et cela pourrait faire l'objet d'une autre page de
ce site, les géologues utilisent également :
- les isotopes
: ils servent à caractériser la nature du manteau
source, à évaluer le taux de contamination crustale,
etc, mais aussi, avec les isotopes radiogéniques,
à dater la roche.
- les éléments
traces : pourtant en quantités faibles, quelques
parties par milliard jusqu'à quelques parties pour mille,
ils sont utiles pour mesurer les taux de fusion, en évaluer
les conditions, identifier le contexte géodynamique, connaître
la nature du manteau, etc. On peut citer entre autres, le plomb
Pb, le strontium Sr,
le niobium Nb, l'uranium
U, ou les terres
rares dont l'ytterbium Yb,
le néodyme Nd
etc.
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Quelques échantillons
de roches volcaniques selon la classification
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