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Un lac volcanique aux nombreux "mystères"
De la rencontre
du magma jailli des profondeurs
de la terre et de l'eau
présente dans le sous-sol de la région, naquit
le gour de Tazenat. C'était il y a 40000 ans. Gigantesque
cicatrice placée à l'extrémité nord
de la Chaîne (gour est synonyme de gouffre),
c'est aujourd'hui un magnifique lac
qui compte parmi les plus beaux d'Auvergne. Il représente
le type parfait du maar d'explosion phréatomagmatique,
caractérisé par sa géométrie
et ses dépôts périphériques
qui racontent l'histoire de sa genèse. C'est aussi le
site (avec celui du lac Pavin
à l'extrémité méridionale de la
chaîne) qui possède le plus de légendes
et de mystères, sans doute parce qu'il a toujours
intrigué les hommes du voisinage. Sa profondeur est restée
longtemps inconnue : on le soupçonnait de communiquer
avec la mer !!! Et puis ces démons
qui le hantent la nuit... En tout cas, ses eaux limpides et
son cadre en font un site agréable très
visité par les touristes.
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Un cratère d'explosion
aux dimensions conséquentes : 65 mètres de profondeur,
700 mètres de diamètre
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Du magma et de l'eau
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coupe du cratère
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Le contact d'un magma avec de l'eau issue d'infiltrations
à travers les fissures du socle est à l'origine
des explosions dites phréatomagmatiques.
L'eau est vaporisée lors du mélange avec le magma
chaud. La pression de vapeur s'oppose
alors violemment à la pression hydrostatique qui dépend
de la profondeur du phénomène. Il en résulte
une explosion dirigée
dans le sens du conduit éruptif qui fragmente
tout le substratum, en expulse les matériaux ainsi que
des éléments volcaniques. Le cratère se
forme progressivemnt par effondrement
de la cavité béante. Les dépôts retombent
à la périphérie, selon la direction des
trajectoires et des vents pour les plus légers. Dans
le cas du gour de Tazenat, l'alimentation continue en magma
et en eau, conféra un caractère rythmique
aux explosions. Les cycles cessent dès qu'un des composants
disparaît.
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Les
dépôts de l'anneau pyroclastique,
s'organisent en strates (voir photo
de la carrière), dont on peut déduire
la nature des explosions successives qui l'ont composé.
On trouve en mélange, les fragments
du socle, granites, microgranites, tufs viséens,
et les fragments basaltiques issus de l'éruption. Souvent
les blocs de basalte comportent des inclusions de roches cristallines,
enrubannées lors
de l'expulsion. 70% des dépôts proviennent du socle.
Le lac est alimenté en
grande partie par le réseau hydrographique existant dans
les fissures du soubassement. Le fond, ou la température
de l'eau est de 4 à 5°C, est composé de sédiments
lacustres recouvrant les éboulis du cratère
explosif.
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La visite
 La découverte
du site se fait simplement en en faisant
le tour. D'emblée, on remarquera les pentes
très marquées du cratère, en imaginant
son prolongement dans l'eau, ce qui donne une idée de
la puissance des éléments. C'est de la partie
nord et est que l'on a la meilleure
perspective sur le lac, sur le Puy de Chalard au
sud-ouest et sur la Chaîne des Puys au sud. En redescendant
vers la route de Charbonnières-les-Vieilles, obliquer
vers la carrière qui ménage ainsi une coupe dans
l'anneau pyroclastique. En remarquer les strates et les roches
qui le composent.
En été la fraîcheur
du lieu invite à s'attarder à l'ombre des sous-bois.
Cet espace, assez bien préservé, attire beaucoup
de touristes venus chercher un peu de quiétude
au bord du lac.
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