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Je voudrais voir
l'intérieur de cette chaudière, dont j'entends
déjà le puissant halètement..
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La formation de la Chaîne
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Un alignement exceptionnel
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Pourquoi des volcans en Auvergne ?
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A l'origine : la rencontre de l'Afrique
et de l'Europe...
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 L'Ere tertiaire est marquée en Europe occidentale
par des bouleversement tectoniques
majeurs. En effet la remontée de la plaque
Apulie poussée par la plaque africaine vers
le nord en collisionnant la plaque eurasienne, sera à l'origine,
au Crétacé puis au Paléocène et à l'Eocène de la fermeture
définitive de l'océan Thétys,
de l'orogène alpin et
de l'ouverture de la Méditerranée
occidentale par la rotation du bloc corso-sarde.
Cette activité est encore notoire
aujourd'hui puisque l'Italie et les Balkans sont affectés
par de puissants séismes
et que le volcanisme de la péninsule
italienne est encore bien actif (Vésuve, Champs
Phlégréens, Lardello, etc) ainsi que celui plus au sud, des
Iles Eoliennes et de la Sicile (Stromboli, Etna).
La poussée alpine impacte à partir de l'Eocène tout l'Ouest
Européen créant des distensions
de la lithosphère qui font rejouer les anciennes structures
hercyniennes. Ainsi se forme sur l'avant
pays alpin, les bassins sédimentaires des Limagnes,
de la Bresse, le fossé rhénan et l'Eiger. Cette
première phase tectonique sera suivie à l'Oligocène du volcanisme.
Cette organisation structurale s'apparente à une forme de
rifting (extension lithosphérique
et volcanisme).
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Un contexte géodynamique atypique
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L'ensemble volcanique du Massif central,
associé aux structures tectoniques des Limagnes, s'inscrit
donc comme un élément majeur de la géodynamique
de l'ouest européen, relevant de l'avant-pays alpin.
Le volcanisme du Mc est classé typiquement comme volcanisme
intraplaque dispersé des continents. Il produit
des magmas alcalins à
partir d'un manteau lherzolitique
et un faible taux de fusion
d'environ 5% qui concentre le potassium (K) et le sodium (Na).
Ces liquides magmatiques se forment dans des conditions de
pression supérieures à 2 GPa,
soit à une profondeur de l'ordre de 75 km à 100 km et une
température supérieure à 1250°C.
Leur signature géochimique, en termes de composition, s'apparente
à celle des iles océaniques à l'aplomb de grands panaches
mantelliques, ou points chauds.
Toutefois
la notion de point chaud est généralement plus compliquée
à s'imposer dans le cas du volcanisme intraplaque du Massif
central, en raison d'un certain nombre de différences, dont
la dispersion des provinces éruptives,
la multitude des panaches, les faibles
volumes de magmas émis, etc. Cette notion a été
largement débattue par la communauté scientifique jusqu'au
début des années 2000 quand un modèle
alternatif, plus probant, d'un début
de rifting puis d'une convection mantellique (flux
asthénosphérique) a été proposée pour en expliquer la formation
(Michon L. et Merle O., 2001).
En effet, les remontées de l'Italie
à l'origine de la genèse des Alpes bouleversent le socle et
le manteau. Cette confrontation
crée il y a 35Ma une extension est-ouest
de la lithosphère à l'origine des bassins d'effondrement
des Limagnes. Dans ce processus les magmas se forment par
décompression et remontent alors aux grés des faiblesses
de la croûte. Cette phase volcanique se développe il y a 25Ma.
La conjugaison de ces phénomènes favorise ainsi les conditions
de formation d'un rift continental
qui affecte le Massif central, mais aussi l'ensemble des régions
périalpines avec le fossé Rhénan et l'Eiger, plus au nord.
Plus tard ces conditions changent au profit d'ascensions
mantelliques en raison de déséquilibres thermiques
dans le manteau crée par l'enfoncement
lithosphérique sous la racine des Alpes. Ce phénomène
qui impacte plutôt le sud du Massif central et débute il a
13 Ma, érode la lithosphère, crée une
surrection notable de la partie sud du massif avec
une phase volcanique intense.

Le volcanisme Auvergnat
en place débute il y a 25MA, avec les manifestations
des Limagnes, mais la période la plus intense se situera
plus tard par l'édification du Cantal
(-13 MA à -3 MA), le Cézallier
(-6 Ma à -3 Ma), le Mont Dore-Sancy
(-3 Ma à -200 000 ans), plus au sud-est l'ensemble
Velay/Devès (-13
Ma à -1 Ma) et l'Aubrac
au sud (-7 Ma à -3 Ma) voir la chronologie.
Les premiers volcans de la chaîne
des Puys surgissent il y a 100
000 ans(voir la chronologie).
L’activité n’a pas été continue jusqu’à l’époque actuelle ;
elle apparaît plutôt discontinue, rythmée par des phases d’intensité
maximale et des périodes de repos. On observe ainsi plusieurs
pics majeurs autour de 90 000, 60 000 et 30 000
ans BP, suivis d’une dernière phase
d’activité assez marquée entre 10 000 et 8 000
ans BP. D'autre part il faut noter que la durée des
éruptions pour chaque édifice monogénique
a dû être de l'ordre de quelques
mois à quelques années
tout au plus.
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La chaîne des Puys : un alignement
dominant
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 L'axe Nord-Sud de l'alignement se place
sur un étage cristallin (un horst) qui domine par
un escarpement de l'ordre
de 600m, la plaine d'effondrement
sédimentaire (graben) de La Limagne de Clermont.
A l'ouest, le plateau descend en pente douce sur le fossé
de la Sioule. Cette topologie aura un impact important sur
la morphologie des coulées de laves.
Les remontées magmatiques
sont favorisées par un réseau
de failles parallèles à la faille bordière
de la Limagne. Ce réseau de failles profondes
favorise également la création
de chambres magmatiques crustales où s'opère
les processus de différenciation
des magmas.
La Limagne vue
du puy de Dôme en direction de Clermont Ferrand
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De même que la chaîne
des Puys, la faille de la Limagne
est classée au Patrimoine de l’UNESCO
car elle constitue une synthèse unique
et lisible de la dynamique
tectonique du cénozoïque caractéristique
du Massif central et,
plus largement, de l'Ouest européen.
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La chaîne des Puys : un modèle
remarquable de l'évolution des magmas
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 On a vu dans la page consacrée au roches
magmatiques comment les magmas se formaient par fusion
partielle localisée du manteau
supérieur (manteau lithosphérique ou manteau asthénosphérique).
La croûte continentale est
rarement sujette à la fusion, hormis dans des cas précis (fusion
d'une racine profonde orogénique, fusion sous l'effet d'un puissant
panache). La remontée des liquides
peut être directe et rapide
sans rencontrer d'écueils. Dans ce cas arrive à la surface un
matériel de composition voisine de la zone de fusion qui peut
être une péridotite anhydre ou hydratée, du matériel métasomatisé,
etc, selon le contexte géodynamique.
Les laves émises sont généralement des basanites
ou des basaltes à texture microlitique
contenant quelques phénocristaux
d'olivines et de pyroxènes baignant dans une pâte sombre, matrice
de la roche, appelée mésostase.
Si le refroidissement est rapide, lors de l'éruption, la cristallisation
est bloquée. Les premiers minéraux formés (phénocristaux)
sont alors isolés dans une mésostase
(microlites + matrice vitreuse).
Toutefois, la migration ascendante
des fluides peut être
ralentie par des discontinuités
géologiques, conduisant à leur piégeage
dans des poches ou cavités issus
de la fracturation existante ou provoquée
par les pressions du magma. Dans ces réservoirs appelés aussi
chambres magmatiques les
liquides vont se refroidir et se transformer.
La série des réactions de Bowen nous apprend que cristallisent
en premier l'olivine les plagioclases calciques, puis les pyroxènes,
l'amphibole, etc. On appelle cette phase la cristallisation
fractionnée. Ces minéraux plus denses vont s'accumuler
au fond de ces zones de stockage. Le liquide résiduel
aura ainsi des caractéristiques différentes du liquide originel.
Il continuera sa progression avec ses propres
caractéristiques et atteindra la surface (ou s'arrêtera
en chemin dans un éventuel réservoir supérieur
où s'opérera la même transformation). C'est
la différenciation par cristallisation
fractionnée. Voir ci-contre et ci-dessous les principes.
 Très schématiquement, les
ferromagnésiens, tels que l'olivine, le pyroxène
et l'amphibole participent à la formation des laves
basiques. Le calcium entre dans la formation des
plagioclases et les alcalins avec l'aluminium, dans les feldspaths
alcalins tout au long du processus de cristallisation.
Ces derniers seront prépondérants dans les laves évoluées au
détriment des ferromagnésiens.
Les ferromagnésiens restant constituent les micas (biotites)
présents dans les trachytes et rhyolites. Si la silice
est en excès elle cristallise sous forme de quartz.
Si elle est consommée précocement ou si la quantité de départ
n'est pas suffisante, il
ne peut pas se constituer de quartz.
A noter que les minéraux stables
à haute température peuvent être instables
à basse température et remis en solution. C'est le cas de l'olivine
avec le quartz qui se transforme
en pyroxène, l'amphibole et la biotite en pyroxène ou en olivine.
L'enrichissement
en silice et la baisse de température qui impacte la teneur
en cristaux des liquides des laves acides sont à l'origine de
leur plus grande viscosité et
par conséquent des dynamismes éruptifs à accumulations
laviques (dômes, protrusions) souvent explosifs.
Ainsi, un trachyte à 800°C peut présenter une viscosité 10 000
fois plus importante qu'un basalte à 1 200°C. D'autre part le
processus de cristallisation fractionnée concentre
les volatils eau et gaz, ce qui, combiné à
l'augmentation de viscosité contribuera, de manière
significative l'explosivité
de l'éruption.

Evolution
des laves de la chaîne des puys en fonction de leur age
de mise en place

Comme l'indique ce diagramme, l'évolution
à partir des basaltes
primaires des laves de la chaîne des Puys a duré
moins de 100 ka. Les premiers
trachy-basaltes arrivent
très tôt en raison d'un réservoir sous crustal
où se produit une première différenciation,
puis apparaissent les trachy-andésites
plus évoluées vers -
40Ma, et enfin les trachytes
à partir de -13Ma.
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Evolution de la
série magmatique de la chaîne des Puys
La
série magmatique de la Chaîne des Puys évolue dans la lignée
des laves alcalines
(voir diagramme TAS),
des termes basiques (les
basaltes) aux termes différenciés
(les trachytes). Ainsi,
sur une aire limitée et dans un laps de temps
réduit (à peine 100 ka),
la chaîne des Puys se singularise par la mise en évidence d’un
modèle d’évolution des magmas de grand intérêt
pour la Volcanologie.
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La Chaîne vue de l'ouest
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