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 Les
chasseurs de rennes qui parcouraient les lieux pendant la dernière
glaciation ont probablement vu les ultimes
manifestations de la Chaîne des Puys. Nul doute
aussi que les Romains qui s'y sont arrêtés plus tard,
ont comparé ces reliefs
particuliers avec les volcans siciliens et italiens en activité.
Mais de ces temps anciens nous n'avons aucune trace d'observation
scientifique et il faudra attendre le
XVIIIe siècle pour reconnaître le caractère
volcanique de la région. A cette époque,
Jean-Etienne Guettard, en rapprochant la nature des
roches volcaniques locales avec celles des volcans italiens, le
mit en évidence. Dès lors, l’Auvergne s’imposa comme le
haut lieu de la volcanologie française.
Sur ce terrain d’étude, les observations des premiers naturalistes
puis, les travaux de géologues nationaux tels que Dolomieu,
Lacroix, ainsi que ceux du géologue local de renom,
Philippe Glangeaud, contribuèrent
au développement de la volcanologie en
France et au rayonnement de cette science bien
au-delà des frontières nationales. Enfin, les progrès
constants des disciplines géologiques et les innovations
techniques de la fin du XXe siècle — datation, analyse
des minéraux volcaniques ou les modèles numériques
de terrain (MNT) — ont permis d'approfondir significativement
les connaissances de cette région.
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 La douceur des reliefs constitue la caractéristique
principale des formations montagneuses anciennes
: sommets arrondis, gorges peu profondes, altitudes faibles. La
monotonie des reliefs est plus rare dans le Massif central. Il
a subi au cours des époques géologiques maintes
transformations. Aux cycles d'affaissements, de dépôts
sédimentaires, de soulèvements, dus aux mouvements
de la croûte terrestre, le volcanisme
a complété de façon très significative
cette transformation. Ce processus a commencé il y a 45
millions d'années (maar de Menat),
puis s'est intensifié vers 35 à 25 millions d'années
avec la formation des Limagnes.
Témoins les édifices volcaniques érodés
qui les tapissent tels que les necks
et coulées qui constituent par exemple les buttes
de Nonette, Usson vers Issoire, la Montagne de la Serre en relief
inversé, le puy Saint-Romain, les volcans de La Comté,
les côtes de Clermont, Montrognon, etc. Plus tard s'établiront
sur le vieux massif, le Cantal,
l'Aubrac, le Mont-Dore/Sancy,
le Velay (Devès et Velay O.),
la Chaîne des Puys,
et aux limites sud, le Vivarais,
les Coirons et l'Escandorgue.
L'édification de toutes ces formations, s'est échelonnée
sur la deuxième moitié de l'Ere
tertiaire ou Cénozoïque,
durant les Périodes
de l'Oligocène,
du Miocène, du
Pliocène et du Quaternaire.
Le Massif
central, segment
issu de la Chaîne hercynienne,
a été de toute évidence le siège de
fractures importantes lors
de sa formation puis de son démantélement au cours
de l'Ere primaire
(ou Paléozoïque),
démantèlement
qui s'est poursuivi durant l'Ere
secondaire (ou Mésozoïque). La
collision des plaques Eurasienne et Africaine au Tertiaire,
en générant le Massif alpin à l'Est, a fait
rejouer ces fracturations, impactant
les structures profondes de la lithosphère,
créant des bassins d'effondrement
et des soulèvements crustaux.
Toute cette dynamique a favorisé des remontées
mantelliques à l'origine du volcanisme (voir
"La formation de la Chaîne"
- Pourquoi des volcans en Auvergne).
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